Argument contre les anti pro-ana. ***

Publié le par Callie

* Avertissement
Cet exposé de mon cru est énoncé de façon purement rationnelle, en ne tenant pas compte du domaine médical. Je suis consciente qu'il y aurait beaucoup plus à dire que ça.



Si souvent j'ai vu des « mais vous êtes complètement dingues» , des « vs êtes hideuses on dirait des vaches trop maigres» , des «allez vous faire soigner à l'asile bande de folles! »
Par définition, je ne suis ni anorexique, ni pro-ana, mais avec mon IMC de 18 je me trouve énorme.
Et je sais que ce n'est pas normal, comme la plupart des internautes.
On crache sur les pro-anas et on en vient à presque prôner la vraie anorexie, celle qui ne dit pas que la privation est un mode de vie.  On en vient à se déclarer malades pour éviter les regards réprobateurs des anti-ana, on rigole des Barbie de 13 ans qui demandent des conseils pour devenir ano, on en vient à repousser toute forme de soutien sous prétexte que celles qui nous soutiennent sont «complètement dingues et hideuses», même si on aspire à leur poids plume.
« vous les pro-ana, vs êtes encore plus malades que les vraies ano! »

Ma réponse

NON.
C'est seulement une déviation de la maladie, quant à moi.
 Les pro-ana cherchent à rationnaliser leur maladie.  Vous savez, c'est bien moins effrayant de connaître le mal qui nous touche que de seulement vaguer dans le vide.  Les pro-ana sont solidaires et, au lieu de se refermer sur elles-mêmes comme les «vraies anos», elles se referment sur leur ordinateur et sur les autres pro-anas de l'Internet. Parce que des centaines d'autres filles comme elles vivent la même chose, les pro-ana se renferment sur la rationalisation de leur maladie et sur des gens qui les comprennent.  Ainsi, en disant que l'anorexie n'est pas une maladie mais un mode de vie, les pro-ana ont introduit une nouvelle dimension aux TCA.  En effet, je crois qu'il est véridique que plusieurs personnes, à travers le monde, font de leur maladie un mode de vie.  N'avons-nous jamais vu des filles atteintes de TCA depuis leur adolescence, alors qu'elles sont aujourd'hui des femmes adultes? Ce cas est, si je peux me le permettre, assez fréquent.  Les pro-ana, en niant la maladie, tentent seulement de la «normaliser». Elles rejettent ainsi le «docteur, aidez-moi, je suis malade» et s'offrent une vision inédite des troubles de comportement alimentaires de type restrictif : «je ne veux pas guérir».  En fait, ce sont les premières qui osent le proclamer, en faisant de l'anorexie un mode de vie.  Les pro-ana ne sont pas plus malades que les anorexiques. 



Le sentiment d'appartenance - un côté mélioratif du mouvement

Elles tentent d'apporter au niveau conscient ce qui, normalement, est caché dans l'inconscient.  Elles ont tenté - et ont assez bien réussi - d'implanter une cyber-sous-culture mondiale, qui regrouperait toutes celles qui ont besoin de solidarité dans leur TCA(s).  Toutefois, les pro-ana ont également réussi à inclure dans leur mouvement plusieurs personnes ayant un grand besoin de solidarité et d'entraide, pas nécéssairement au niveau de TCA déjà existants.  Ces personnes ont pu développer, après avoir réalisé combien le mouvement pro-ana était «tricoté serré», des troubles de comportement alimentaire de type restrictif, plus particulièrement de la pro-anorexie.  Ainsi, je dirais que les pro-ana apportent davantage un sentiment d'appartenance chez les jeunes filles que l'anorexie tout court.  Ayant trouvé un groupe qui les accepte, les nouvelles recrues pro-ana puisent leur inspiration dans les photos de thinspiration des blogs pro-ana, et se forgent ainsi une nouvelle identité, plus près de celle des membres de leur nouveau «groupe».  Et comme ces membres ont un soutien incroyable entre eux, ces nouvelles recrues ne tardent pas à devenir des «expertes» dans la matière, encouragées par le bien-être qu'elles ressentent en voyant qu'elles ont leur place au sein du mouvement pro-ana.  C'est ici que la maladie commence.  Celle-ci s'enracinera bien dans la nouvelle pro-ana, qui un peu plus tard pourrait bien accueillir des nouvelles recrues au sein de cette communauté qui l'a acceptée et encouragée à «devenir meilleure».

Evidemment, il n'y a pas que le sentiment d'appartenance qui pousse les jeunes filles à devenir pro-ana, mais je ne développerai pas plus là-dessus.. !
Je tiens toutefois à dire que de vouloir ressembler aux mannequins des magazines n'est qu'une très faible partie de ce qui pousse les filles à devenir pro-ana.  Les TCA sont bien plus qu'une simple envie d'être mince, pour la plupart.

 
Le bracelet rouge, symbole d'appartenance et de soutien dans le mouvement pro-ana.



Guérir
Je ne suis personnellemen pas d'accord avec ceux qui disent que le meilleur moyen de se sortir de l'anorexie ou de la pro-anorexie est de d'abord consulter un médecin.  Le médecin vous donnera des pilules, vous branchera un soluté dans le bras,ou prendra une prise de votre sang. La meilleure façon de guérir quelque chose qui s'est dévelopé dans la tête est de le guérir par cette même tête, et non pas par un tuyau dans le bras ou dans le nez.  Le meilleur moyen de guérir c'est de s'arrêter un moment, de penser, de se trouver un sentiment d'appartenance avec un autre groupe qui n'a rien à voir avec les TCA, et surtout, de consulter un psychologue.  C'est lui qui pourra aider votre tête à se donner les moyens de se guérir. 
Les médecins guérissent le corps, et c'est bien.  Mais l'esprit se soigne autrement.

La loi contre les sites pro-ana

Je suis contre cette loi.  Je suis d'accord avec le fait que ces sites incitent des jeunes filles à tomber dans des troubles de comportement alimentaire, entre autres grâce au sentiment d'appartenance dont j'ai parlé plus haut.  Il ne faudrait pas bannir les blogs pro-ana, au contraire... Les jeunes filles ayant joint le mouvement se retrouveraient au dépourvu, sans personne à qui se confier, à qui parler.  De plus, les sites pro-ana sont créés par d'innombrables femmes chaque jour.  Serait-ce réellement de les aider que de les emprisonner deux ans, plus de leur faire payer 30.000 euros d'amende? Certes, cela aiderait certainement les «pro-ana en devenir», c'est-à-dire celles qui regarderont bientôt ou ont commencé à regarder ces blogs pro-ana sans encore en être devenue une adepte.  Car, oui, les sites Internet pro-ana sont néfastes pour la santé physique et mentale.  Attention, ils ne sont pas COMPLÈTEMENT néfastes pour la santé mentale; physique, oui.  Ils peuvent même aider une partie de la santé mentale d'un individu, sous certaines conditions.  Toutefois, il reste l'enjeu de la santé physique.  Si on ne supprime pas les blogs, comment faire pour stopper la propagation grandissante de la pro-anorexie? 
La solution idéale serait de faire de subtils changements dans les blogs, pour éliminer d'abord le plus de dangers mortels possible face à la dénutrition ; ensuite pour teinter les commandements des pro-ana.  Le même sentiment devrait rester pour les adeptes du mouvement ou les visiteurs du site, toutefois, ce sentiment devrait exlure les idéaux cadavériques. 
                                          à suivre.

















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